Muriel Pénicaud, ancienne Ministre du Travail, soupçonnée de favoritisme
📋 Détails de l'affaire
👤 Politiciens impliqués
📝 Résumé
En janvier 2016, Muriel Pénicaud est directrice générale de Business France, organisme public de promotion de l’économie française à l’étranger, sous tutelle de Bercy. À la demande pressante du cabinet d’Emmanuel Macron, alors ministre de l’Économie, elle organise en urgence une soirée « French Tech » le 6 janvier 2016 à Las Vegas, en marge du Consumer Electronics Show, réunissant quelque 500 personnalités et dirigeants de start-ups françaises autour de Macron et du président du MEDEF Pierre Gattaz.
Le coût total de l’événement s’élève à 381 759 €, dont 100 000 € de frais d’hôtel. Or, le Code des marchés publics impose un appel d’offres pour tout marché dépassant 25 000 €. La totalité de l’organisation est confiée à l’agence Havas, sans mise en concurrence. Des emails internes montrent dès novembre 2015 que le choix d’Havas était déjà acté, la directrice de communication de Business France écrivant que l’agence devrait être choisie « idéalement ». Pour contourner les plafonds, les paiements sont artificiellement fractionnés, le directeur financier allant jusqu’à régler des acomptes avec sa carte personnelle.
Deux audits du cabinet EY (juillet et septembre 2016) relèvent 13 manquements et concluent que la situation est susceptible « d’engager la responsabilité pénale des auteurs ». Pénicaud affirme n’avoir été informée des dysfonctionnements qu’en février 2016 et avoir immédiatement diligenté ces audits. Sa collaboratrice Fabienne Bothy-Chesneau livre pourtant une version différente aux enquêteurs, déclarant que Pénicaud « avait exactement le même niveau de connaissance » qu’elle « des montants engagés et des modalités d’organisation ». Un email de juin 2015 révèle également que Pénicaud avait organisé une rencontre secrète avec le vice-président d’Havas, Stéphane Fouks, en écrivant à son assistante : « cela ne doit pas figurer à mon agenda et cela ne doit pas se savoir. »
En décembre 2016, Pénicaud ne présente au conseil d’administration de Business France qu’une version très édulcorée des conclusions des audits.
Le rapport de l’Inspection générale des finances (IGF), remis en février 2017, conclut que la commande à Havas « est susceptible de relever du délit de favoritisme ». Le 8 mars 2017, Le Canard Enchaîné révèle l’affaire. Le 13 mars 2017, le parquet de Paris ouvre une enquête préliminaire pour favoritisme, complicité et recel de favoritisme. Une information judiciaire est ouverte le 7 juillet 2017.
En février 2019, Havas Paris est mise en examen pour recel de favoritisme, et Fabienne Bothy-Chesneau pour favoritisme.
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